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Du 5 décembre au 23 décembre: de Laguna Azul à Punta Arenas (1633 km – 10 768 km parcourus) – Les virevoltants
Les virevoltants

Du 5 décembre au 23 décembre: de Laguna Azul à Punta Arenas (1633 km – 10 768 km parcourus)

Terre de Feu, de brumes, de pluie, de lumière et de neige !

 

Lundi 5 décembre : rangement en vue du passage de frontière, après avoir été voir le lac qui a une autre couleur, plus sombre, ce matin. On mange tout ce qui est encore cru et ne passera pas la frontière, dans un ordre un peu confus, puis on part avec la famille allemande qui n’a plus beaucoup de gasoil (et nous avons un bidon en réserve au cas où). On roule jusqu’à la frontière chilienne : pour aller en Terre de Feu Argentine, on doit passer par un petit morceau de Chili. Pour nous, les formalités sont vite expédiées : on tourne aux différents guichets de la grande pièce au joli plafond en bois, sur fond de musique de Manu Chao (c’est assez surréaliste). Au moment de l’inspection du camping-car, on donne nos 3 derniers oignons au douanier, puis il nous fait signe de passer. On attend ensuite le camping-car allemand qui, lui, a droit à une visite poussée, avec un passage du chien jusque sur les lits… Notre petit convoi continue ensuite vers le bout du continent, où nous montons dans un ferry pour traverser le Détroit de Magellan sous un ciel sans nuage. Au bout de 20 min, nous débarquons en Terre de Feu !

le détroit

Quelques km plus loin, au milieu de nulle part, surgit Cerro Sombrero et sa pompe à essence, où le carburant est beaucoup moins cher qu’en Argentine. C’est ici qu’il ne faut pas se louper : il faut prendre la route qui descend vers le sud, même si elle est plus longue que l’autre, réputée comme un des pire ripio qui soit ! A nous donc la belle route asphaltée, au milieu d’un paysage très semblable à celui de la Patagonie, mais un peu plus vallonné et vert car on aperçoit des ruisseaux de temps  à autre. Puis, au niveau de Onaisin, l’asphalte s’arrête d’un coup et fait place à un long ripio bien pénible, juste à côté de la future route en construction. On est déjà fatigués, et les 40 km sont bien pénibles. On arrive au poste de sortie du Chili, puis encore 14 km jusqu’à l’entrée en Argentine. Nous nous arrêtons au terre-plein derrière le poste de frontière tandis que les allemands continuent encore, tant qu’il fait jour. Il est 21h passées…

Mardi 6 décembre. Ce matin, le temps fuegien (adjectif de « Terre de Feu ») est au rendez-vous. Les garçons nous ont demandé où étaient les fameux feux, et ils sont satisfait du petit cours d’histoire explicatif : lorsque Magellan et ses comparses sont arrivés, ils ont vu de la fumée émanant de nombreux petits feux allumés par les indiens qui vivaient là. Les Selk’nam (ou Onas) et les Yamanas (ou Yaghan) vivaient nus la plupart du temps car il pleuvait tout le temps. Ils transportaient leurs feux pour se réchauffer et sécher les peaux de phoques qu’ils utilisaient pour se couvrir lorsqu’ils étaient en campements. Les espagnols ont donc décidé d’appeler ce coin « Terre de Feu ». Bref, il fait froid, venteux, et il pleut. Et le frigo est vide… On roule jusqu’à la ville de Rio Grande, à l’embouchure de la rivière éponyme. Après des grosses courses, le repas du midi et la sieste règlementaire (les commerces ferment de 13h à 16h), on va au garage Iveco car Hervé a un doute sur le frein à main et le train arrière. Les allemands nous ont dit qu’on penchait à gauche, vu de derrière. Le chef d’atelier est très sympa et réactif. Toute l’équipe s’affaire vite, il y a même une fille, en tenue Iveco avec des perles aux oreilles et des ongles rose vif. Le frein à main semble bon, le bruit bizarre qu’on entendait était sûrement du à une pierre. En revanche, la lame de suspension arrière, au lieu d’être courbée, est toute plate, et il y a un différentiel de 4 cm de haut entre les deux côtés. Il faudrait la recourber mais le mécano nous dit qu’il ne peut pas le faire, il faut aller chez un spécialiste, et il nous conseille d’attendre le Chili pour que ce soit moins cher ! Tant qu’on est là, on fait une vidange et une révision générale. Puis, nous nous garons derrière une station service près du rivage pour la nuit. Le soir on va manger dans un resto pas loin qui est chauffé, avec de la moquette et même de l’eau chaude au robinet des toilettes, les garçons vont se laver les mains 4 fois…

séance marionnettes improvisée avec « bébé renard », notre 5ème passager

Mercredi 7 décembre. Ce matin, le soleil perce la couche de nuages et réchauffe le camping-car plutôt frisquet. On part à la recherche d’un atelier de tunning de voitures (80% des voitures ont un film teinté sur les vitres) pour faire poser un film de protection sur notre pare-brise. On l’a apporté depuis la France mais c’est tellement galère à poser qu’on préfère le faire faire par un professionnel. Ce dernier s’appelle Sergio, il parle un peu français car il s’est inscrit aux cours de l’Alliance Française après avoir lu Le Petit Prince. Il nous dit de revenir à 15h. A l’heure dire, il commence à s’affairer en plein vent… Au bout d’1h30, on se retrouve avec un pare-brise protégé et maculé de petite bulles d’air renfermant des grains de poussière de Terre de Feu… On a même une étamine de pissenlit ! L’épisode pour fixer le nouveau joint (qui n’est pas le même que l’ancien… merci Carglass…) est assez épique, puis on prend la route. Après une trentaine de km, on commence à voir des arbres ! bon, ils ont l’air morts, sont petits, rabougris et plein de « barba de viejo », un lichen vert qui fait des fils, mais ce sont nos premiers arbres depuis longtemps. On bifurque sur une piste qui serpente au milieu des collines et des bois, traverse des rares estancias et débouche sur le Cabo San Pablo et la Desdemona, gros navire échoué en 1985 et maintenant tout rouillé sur une plage de l’Atlantique sud. On est d’ailleurs au point Atlantique le plus au sud de notre voyage. Après un petit chemin hasardeux, on se pose près d’un hôtel abandonné. La vue sur le bateau est assez insolite mais les alentours sont plein de déchets, comme d’habitude.

La Desdemona dans le Cabo San Pablo, à marée haute

Jeudi 8 décembre. Temps gris au réveil. « Oh, quand je fais pipi, ça fume dans la cassette ! » nous dit Aloïs. Normal, il fait 6 degrés ! On décide d’allumer le chauffage Truma au gaz, pour le première fois du voyage, mais il se coupe au bout de quelques minutes. Idem pour l’eau chaude. On se dit que la bouteille est bientôt finie et qu’il n’y a plus assez de pression. Bon, on verra plus tard. Du coup, on fait des crêpes pour le petit-déjeuner et on gagne ainsi quelques degrés. Hervé craint qu’il ne pleuve et qu’on ne puisse plus remonter le petit chemin défoncé par lequel on est arrivés. On se presse pour essayer d’aller voir le bateau de plus près. Il pleut, il fait super froid, et une rivière nous barre le chemin. Retour au CC. On range et on décide de partir, mais on met le contact avec le marche-pied ouvert et donc celui-ci se bloque complètement, le petit moteur ne veut plus s’arrêter… Finalement on trouve un autre accès un peu plus loin, après un petit pont. On s’avance jusqu’à un terre-plein juste devant la grande épave. Celle-ci est entourée d’eau pour le moment car c’est marée haute. On en profite pour fabriquer des sapins de noël en papier pour décorer le camping car.

à marée basse

En fin d’après-midi, on peut enfin accéder à l’épave, qui a un énorme trou dans la coque, près de l’hélice. Lorsque le soleil se pointe, on laisse les garçons devant un dessin animé, avec un talkie-walkie, et Hervé et moi partons grimper dans l’épave. C’est tout penché et mouillé par la pluie. La cale est remplie de sacs de ciment solidifié. On grimpe par une petite échelle jusqu’au premier niveau mais on n’ose pas aller plus haut : c’est quand-même très rouillé !

 

le trou derrière l’hélice

heu, non, on s’arrête à cet étage

cannot de sauvetage

Vendredi 9 décembre : on lève le camp, on refait toute la piste et on s’arrête à Tolhuin (qui signifie « comme un cœur » en Selk’nam car c’est au cœur de la Terre de Feu). On mange à la populaire boulangerie Panaderia la Union : empanadas, gros sandwichs et pâtisseries. Il pleut… On longe ensuite la côte est de l’immense Lago Fagnano et on s’arrête sur un coin herbeux, près de la plage de galets. C’est très beau, avec les montagnes en toile de fond, mais aussi très venteux ! Le soir est bien froid mais on a changé la bouteille de gaz, le Truma carbure, chouette ! A 23h45, il ne fait pas encore nuit, des lueurs franches passent au-dessus des montagnes.

Samedi 10 décembre, le lac est tout calme et ensoleillé, le vent souffle beaucoup moins, ce qui n’est pas plus mal vu qu’il fait 4 degrés au petit-déjeuner et qu’on a bien besoin de soleil pour chauffer tout ça. Les garçons jouent longuement sur la plage de cailloux et se mettent à creuser un trou et ramasser du bois pour faire du feu. On allume donc un joli petit feu pour faire griller du maïs. Hervé bricole, des joints par-ci par là…

Lago Fagnano

ah, les joints en plein vent!

maïs et sapins

L’après-midi, ça se couvre et le vent se lève d’un coup et il est très froid. On tente une petite promenade puis on rentre vite se réchauffer et continuer l’activité coloriage et pliage de sapins en origami. Puis on part vers un autre lac, le Lago Escondido, après avoir fait le plein d’eau et de bonnes choses à la panaderia. On prend de la hauteur, la vue sur le Lago Fagnano est superbe.

Lago Escondido, et le Fagnano à l’arrière

Après un petit chemin bien défoncé, on se gare entre les arbres tout près du nouveau petit lac bien abrité. C’est samedi, il y a des emplacements pour asados mais c’est assez calme. Les garçons jouent près de l’eau et reviennent nous dire « y a Marius qui s’est mouillé la chaussure sans faire exprès à cause des mini-vagues. ». La « chaussure » en question monte jusqu’au genou, c’est nouveau, ça. Extinction des feux à 21h30 en fermant tous les stores occultants parce que dehors, le soleil brille encore.

Ce dimanche 11 décembre, fin de matinée, on rallie enfin USHUAIA, à 45 km de là, après avoir évité les gros trous dans la ruta 3 et admiré les superbes paysages montagneux. On arrive dans la ville par la route qui traverse la banlieue industrielle et surplombe la baie creusée dans le Canal Beagle. En face, les montagnes des îlots chiliens.

On se gare sur le parking près de l’office de tourisme, juste devant le canal. On est pas les seuls, les endroits pour stationner en camping car étant assez rares ici. Le temps se dégrade, on sort les anoraks et les bonnets, et après un petit tour, on prend un bon goûter dans un très joli café, le Ramos Generales, qui fait un peu office de musée tant il contient d’objets anciens en tous genres. Puis on continue sur notre lancée et on va diner dans un chouette resto quelques rues plus loin. Assis derrière nous, un monsieur s’exprime très bien en français. En discutant avec lui, on apprend que c’est le consul honoraire de France ! On rentre se mettre au chaud dans le camping car où il fait 6°c !

On dort plutôt bien sur ce bivouac réputé bruyant mais au matin du lundi 12 décembre, le temps n’est franchement pas à la fête. On charge 4 semaines de linge et on grimpe par les rues en pente pour tout déposer à la lavanderia. Puis on va visiter le Museo del Presidio y Maritimo, installé dans l’ancienne prison d’Ushuaia. Il faut dire que la ville a été en grande partie construite par les prisonniers de la colonie pénitentiaire amenés là pour peupler cette partie de l’île (et asseoir ainsi une légitimité territoriale) et mener des travaux forcés. Il y a différentes expositions, sur la vie pénitentiaire, l’histoire navale et maritime de la région, etc… On y passe 2 bonnes heures et encore, on n’a pas tout vu.

Pendant la sieste, je tente en vain de me connecter à l’office du tourisme (chauffé, et avec un coin enfants) pour publier sur le blog, mais la connexion est saturée de voyageurs en préparatifs d’excursions, alors je décide de retourner avec Marius au café d’hier. En chemin, sous la neige fondue, on tombe sur le camping-car des allemands ! Ils nous rejoignent au cafés, suivis d’Hervé et Aloïs. J’arrive à publier l’article grâce à la tablette de Matthias, et j’apprends qu’il a habité à Mons pendant 3 ans quand il était enfant ! A la table à côté, il y a une autre famille française de voyageurs : Olivier, Kristel et leurs deux filles qui voyagent en Defender avec une cellule. Les garçons vont s’incruster auprès d’eux, et c’est vite la grosse foire entre les 7 enfants… Puis tout le monde rentre car demain il va faire beau et on ira escalader le Glacier Martial. Vers le soir, on voit enfin les montagnes enneigées apparaître derrière les nuages !

mais où sont passées les montagnes?

Mardi 13 décembre. Ce matin, c’est encore couvert mais moins plombé. On va au pied du glacier en grimpant de belles côtes puis on se gare sur le petit parking au début de la promenade. Un autre camping car est déjà là, ce sont des français avec deux garçons de 4 et 7 ans. Au moment de partir, on voit arriver les allemands puis la famille de Olivier et Kristel. On s’élance sur le chemin après avoir mangé vite fait. Au début, on monte sur un joli chemin entre les arbres, le long d’un ruisseau. On voit toute la baie d’Ushuaia en contre-bas, c’est superbe.

Puis la forêt s’arrête (la limite de la végétation est à moins de 600 m d’altitude ici), on voit quelques plaques de neige fraiche et le chemin grimpe bien raide sur la montagne.

la baie d’Ushuaia sur le Canal Beagle

Ce n’est pas facile pour les petites jambes de 5 ans, mais les garçons persévèrent. On arrive au bout du chemin, sur une arrête : la vue est incroyable. Les allemands sont déjà là, Olivier, Kristel et leurs filles nous rejoignent bientôt et les enfants commencent une bataille de boules de neige.

attaque en règle

Puis on continue même s’il n’y a plus de chemin, en montants sur les rochers et la neige. C’est très acrobatique, on n’aurait jamais tentés ça tous seuls. D’ailleurs on s’arrête à un moment parce que c’est vraiment raide et au moindre faux-pas, c’est la glissades jusqu’aux rochers en-dessous ! En tous cas, on est très fiers de nos deux grimpeurs.

on ne dirait pas, mais on est perchés sur un rocher au-dessus du vide!

Le début de la descente est délicat mais Aloïs place consciencieusement ses pas dans les traces de Hervé, à reculons. Marius n’a plus qu’à se laisser glisser sur les fesses jusqu’à Hervé. La descente est ponctuée d’embuscades de tous les enfants armés de boules de neige. Puis, tandis que le parents se partagent une bière en échangeant des infos sur différents points de voyage, les enfants vont construire une cabane dans les bois sous la houlette de Lukas. On passe une partie de la soirée dans le camping car de nos voisins Daniel, Karen, Noé et Paul. Bref, une très belle journée avec des très belles personnes ! Et un superbe soleil qui nous cuit un peu les joues….

Mercredi 14 décembre. Ça a bien soufflé cette nuit, et nous avons tangué en faisant rempart pour les autres véhicules. Le temps est couvert et on redescend à Ushuaïa pour faire des courses, chercher le linge à la lavanderia et remplir le gaz à la sortie de la ville. L’intendance terminée, on file vers l’est, vers la fameuse ruta J (enfin, c’est du ripio) qui va au point le plus à l’est et le plus au sud possible. Le bout du bout. Il pleut mais la piste n’est pas mauvaise, et on finit par sortir de la forêt pour bifurquer vers Puerto Almanza, un tout petit village de pêcheurs. On se gare sur l’herbe, près de l’eau, alors que des pêcheurs rapportent de gros seaux remplis de centollas, les araignées de mers énormes et toutes rouges. On est en face de Puerto William, qui est encore plus au sud d’Ushuaia, et situé au Chili, mais les Argentins arguent que c’est une base militaire et donc, ce n’est pas une ville. Dans la soirée, on va manger au petit resto « La Sirena y el Capitan », tout petit endroit à 800m du bivouac où on est les seuls hormis Marcelo, qui fait le cuisto, la discussion et le service. Il est extrêmement zen (je ne sais pas comment il fait quand il y a 2 tables de clients), et après avoir mangé de la sole et du crabe, on rentre bien tard, sous la pluie, à pied. Heureusement les chiens (plus nombreux que les habitants) sont couchés.

Jeudi 15 décembre. Ce matin, le soleil inonde la baie toute calme.

vue du matin à Puerto Almanza

On continue la ruta J qui serpente le long du canal Beagle, passe dans les bois, traverse les ruisseaux… On se signale auprès de l’Estancia Haberton, première estancia implantée sur l’île par Thomas Bridges en 1886, qui offrait protection aux indiens Yamanas. Puis on continue encore un peu et on s’arrête près du Rio Cambaceres. On trouve notre bivouac à côté d’un gros tronc couché sur la rive est du rio. Les garçons partent explorer le périmètre, puis on cherche du bois pour le feu. Il y a surtout des gros tronc morts, alors je traverse le petit pont avec les garçons pour trouver des branches. On tombe sur un troupeau de chevaux qui paissent près du canal.

le meilleur des terrains de jeu…

tiens, une flaque… tu crois que notre avion flotte?

On prépare le feu en disposant des grosses pierres pour l’abriter du vent. Mais bon, le vent tourne tout le temps ! On passe une belle soirée près du feu, avec un barbecue, une guitare et… un castor qui reste un moment sur l’autre rive, juste en face de nous !

un castor mélomane

On finit par une promenade au soleil couchant jusqu’à l’embouchure du rio dans le canal. C’est très très joli, très sauvage et calme, et une fois le soleil couché (bien tard), on rentre vite parce que le froid tombe d’un coup.

3 silhouettes et un pont

quoi de mieux que des ricochets dans le Canal Beagle avant de dormir?

vol de mouettes

Vendredi 16 décembre. On se réveille à 10h passées ! Le temps de plier le camp, de refaire toute la piste en sens inverse, on arrive tard à Ushuaia, après avoir pris en stop Emiliano. Il travaille avec les chiens de traineaux dans la vallée juste avant la ville et nous montre l’endroit où a été tournée la dernière partie du film « The Revenant ». Deux-demi douches tièdes à l’YPF plus tard, on va s’installer derrière un bar qui a un bon wifi et on y retrouve la famille des allemands et celle de Olivier et Kristel. Il commence à pleuvoir alors on invite Stephi à boire un coup avec nous pour une soirée bien sympa.

Les Malouines sont Argentines et les bateaux pirates anglais n’ont pas intérêt à approcher! le message est clair…

Samedi 17 décembre : journée courses de souvenirs ponctuée d’un petit resto bien chauffé à midi et de séances de ménage en vue de l’arrivée de Marie-Madeleine (alias tata baleine, ou MMK, plus rapide à écrire ici) et ma maman (alias Mamouna). En fin de journée, on va se garer à l’aéroport d’où on a une superbe vue sur la baie, la ville et les montagnes derrières. En plus, les garçons voient des avions au décollage depuis leur couchette !

Dimanche 18 décembre : c’est le grand jour ! On finit le ménage et on va attendre dans le hall du petit aéroport en bois. Marius et Aloïs ont préparé un panneau pour l’arrivée de MMK et Mamouna, mais ils ont à peine le temps de le brandir car elles sont presque les première à franchir les portes, avec un grand sourire et juste un bagage à main ! Elles sont plutôt en forme, après plus de 30h de voyage, les retards des avions et les valises qui n’ont pas suivi… La dame du guichet de Aerolinas Agentinas nous dit que les bagages arriveront dans 2 jours à 16h10, et elle griffonne notre numéro de téléphone sur un coin de  papier déjà tout gribouillé.

Elles sont là!

Puis on va à Ushuaia pour manger dans le joli café-resto, on récupère les clefs de l’appartement loué pour cette nuit, on se promène au port, on fait estampiller nos passeports « Ushuaia, Fin del Mundo » à l’office sur Tourisme, etc…

ici, tout est à la sauce « Fin del Mundo »

la manie des bateaux échoués… ici, le San Cristobal

On va ensuite à l’appartement qui se situe dans un quartier résidentiel assez typique, pas vraiment fini, plein de maisons en bois et en tôle, dans un bosquet à l’écart de la ville. Les voyageuses vont enfin se coucher, il y a du sommeil à rattraper ! On est garés tout près, devant le jardin rempli de lupins en fleurs d’un monsieur très gentil.

Lundi 19 décembre. Le soleil levé à 4h52 donne directement sur la tête de MMK et Mamouna qui n’ont pas de rideaux occultants dans leur petit appartement. On prend le petit déjeuner tous ensemble, puis on fait quelques courses, le plein d’eau et on file vers le Parque Tierra de Fuego, l’autre bout du bout, à l’ouest. On se gare à la Laguna Verde et on mange au soleil avant de partir se promener sur différents sentiers.

Laguna Verde

la rédactrice vue par sa petite soeur

C’est calme et joli, on alterne entre des sentiers au milieu de l’herbe, des bois de lengas (sorte de hêtre à toutes petites feuilles), on monte jusqu’à un mirador d’où on voit la baie Lapataia.

ibis et lengas

Bahia Lapataia

Bahia et Mamouna

Puis on redescend en passant près d’une tourbière en formation, des barrages de castors abandonnés (le fléau de l’île : ils ont été importés puis se sont reproduits à vitesse grand V car ils n’ont pas de prédateurs, et causes des ravages écologiques) et on va jusqu’au bout de la ruta 3 ! (rappelez-vous, elle commence à Buenos Aires, et on a commencé à l’emprunter au km 725) puis on continue à pied le long de la baie.

tourbière

On rentre au camping car faire un super asado poulet-maïs-patates douces-pommes de terre.

Fin de la ruta 3

Il fait frais mais on reste dehors ! On jette les os de poulets à des caranchos très voraces. Ce sont des gros oiseaux avec la coiffure de Donald Trump (d’après Hervé). Puis on se promène au soleil couchant autour de la petite lagune, on voit une famille de cygnes à cou noir avec deux petits.

Alors que tout le monde est couché (après une partie de casse-tête chinois pour caser les rares bagages et les gens), on voit un renard juste devant la fenêtre, alors tout le monde se relève pour le voir !

Mardi 20 décembre. Réveil frisquet, d’autant plus que la bouteille de gaz est presque vide et le chauffage ne démarre pas… Mais il fait 11°c à l’heure (avancée) du petit-déjeuner et MMK dit qu’elle n’a même pas froid ! Le temps que tout soit replié, que tout le monde soit prêt, et on part au Lago Roca, dans un autre secteur du parc. Le temps est bien couvert, on ne voit pas le bout du lac, ni les sommets des montagnes autour.

On part faire la promenade Senda Hito XXIV qui va jusqu’à une balise marquant la frontière avec le Chili. Le chemin longe le lac, passe dans la forêt de lengas et autres hêtres, dont beaucoup sont au sol. On voit aussi des petites orchidées blanches (palomitas) et du « llao llao », ou « Pan de Indio », une sorte de champignon qui pousse sur les arbres, provoquant un gros nœud dans le bois à l’endroit où s’est développé le champignon. On passe sur des petits ponts en bois, on crapahute entre les racines qui barrent le chemin deviennent vite très glissantes parce qu’il se met à pleuvoir.

cachons notre joie…

ouf, heureusement que Aloïs est là en gentleman pour aider sa tata

Au bout de presque 2h, Mamouna, MMK et les garçons s’arrêtent sur une petite plage tandis qu’Hervé et moi continuons jusqu’à la balise, un peu plus loin. On revient à la plage en courant pour le pic-nic face au lac, puis on rentre d’une traite (sauf Hervé qui tombe une fois et s’arrête une autre fois pour filmer un grand pivert à tête rouge) parce qu’on doit aller à l’aéroport.


On arrive en même temps que l’avion, et après 10 min, on voit arriver les 2 sacs tant attendus !! On va se garer au pied  du Glacier Martial et on déballe toutes les belles et bonnes choses que recèlent les bagages.

Mercredi 21 décembre : c’est le solstice d’été, et donc le jour le plus long : le soleil se lève à 4h50 et se couche à 22h12. Enfin, encore faut-il qu’on puisse l’apercevoir au-dessus de l’épaisse couche de nuages au-dessus de nos têtes. Bon, l’intérêt du petit déjeuner, c’est le stöllen préparé par Mamouna qui estarrivé hier (à peine un peu sec) dans les bagages ! Les garçons, Mamouna et MMK vont se promener sur le sentier du glacier, histoire de voir la baie en bas. Puis on redescend à Ushuaia. On va chercher du gaz et on mange devant l’usine pendant que ça se remplit. On retourne en ville, sous la pluie, pour diverses tâches (achats d’artisanat, change d’argent, envois de cartes, etc…) Et c’est le moment de quitter Ushuaia. On va en direction du Lago Fagnano, en passant par les montagnes dont les sommets enneigés disparaissent dans les nuages, et on a même de la neige fondue sur la route. Le lac a une autre couleur que la première fois où nous sommes venus. Mais dans la soirée, le temps se découvre, laissant transpercer quelques rayons.

lueurs

le lac est dans mon dos, cherchez l’erreur…

Dans le camping car, c’est atelier cuisine intensif : cake, quiche, soupe et compote pour cuire tous les produits frais car demain on passe au Chili…

aux fourneaux!

Jeudi 22 décembre : nuit un peu fraiche mais réveil ensoleillé sur le lac. Les plus téméraires vont faire un tour dehors dans le vent pendant que les autres rangent. Il faut dire qu’à 6 c’est assez technique de tout déplier le soir et replier le matin. On part vers Tolhuin à côté et sa fameuse boulangerie. Hervé fait le plein d’eau et de gasoil pendant que nous allons faire le plein d’empanadas, de pain et de pâtisseries. Puis la route défile vers le nord, on passe Rio Gallegos et on s’arrête pour manger un peu plus loin, dans les dunes près de l’Atlantique. Les dunes sont pleines de détritus, comme d’habitude, et la plage est jonchée de trucs mous oranges, visqueux.

trucs gluants non identifiés

MMK prend de la hauteur et grimpe en haut de la falaise sableuse, avec les ibis.

vol d’ibis

Puis c’est le passage de frontière, sortie de l’Argentine. Les 14km de ripio plus loin et c’est l’entrée au Chili, où le douanier est tellement intéressé par notre CC qu’il veut l’acheter et vient prendre des photos à l’intérieur, ce qui agace beaucoup sa collègue de l’inspection sanitaire. Pourtant, on lui a donné 3 oignons flétris, elle devrait être toute contente. Ensuite, c’est de nouveau l’horrible route de ripio pendant 50km, jusqu’au point de bivouac, le long de la Bahía Inútil. On se gare près d’une petite cabane en tôle (de berger ?) où vient s’installer Pepe, un voyageur espagnol de Valencia qui allume un feu après être allé chercher du bois on ne sait pas où vu qu’il n’y a pas un seul arbre en vue ! On l’invite à manger de la soupe (enfin, ce qu’il en reste) alors que Mamouna s’endort dans la capucine. Ça fait du bien de se coucher au calme après tout ce ripio !

le bivouac, c’est par là

belle bahia inútil

Vendredi 23 décembre

Ce matin, tout le monde s’agite avec entrain car on va aller voir les manchots royaux, tout près. Ce sont les seuls manchots royaux visibles sur le continent. Sinon, il faut aller sur les îles sub-antarctiques. Pepe émerge de sa cabane et nous échange des pesos chiliens contre des argentins, et ça tombe bien parce qu’on a presque pas de pesos chiliens. Il veut faire du stop vers le sud, mais finalement, on le ramène à la pingüinera, vers le nord. On paie le prix bien exorbitant et on va se cacher derrière la palissade qui nous protège du vent et nous cache des manchots noirs, blancs et jaunes. Ils couvent alors ils sont en groupe et pas très actifs. Mais ils sont vraiment élégants. Un mouton qui broute juste derrière fait un peu intrus dans le paysage…

los pingüinos rey

un dissident!

Heureusement qu’on a les jumelles de Hervé parce que sinon on ne verrait vraiment pas grand-chose.

Mamouna l’explorarice, tu vois quoi?

ben, des manchots!

et un renard gris

A la sortie, on a droit à un badge, que Marius et Aloïs arborent fièrement. On reprend un peu de ripio, puis la bonne route jusqu’au ferry pour retraverser le Détroit de Magellan, tout gris et sans dauphin cette fois-ci.

Detroit de Magellan, le retour. La Terre de Feu c’est fini!

Puis on longe le sud du continent le long du détroit, vers l’ouest puis le sud jusqu’à Punta Arenas, grosse ville avec son port important et sa zone franche moche. On se gare dans une rue près du cimetière après avoir un peu tourné, et on va se promener sous la pluie. On traverse le quartier croate et on trouve une pizzeria animée. On mange sur une grande table en bois où s’installent bientôt un petite fille et sa maman. Marius et Aloïs deviennent donc vite copains avec Amelia et sa robe rose à paillettes et à fines bretelles (nous on a nos polaires). Ils deviennent aussi copains avec des navigateurs anglais. Bref, une bonne soirée et un retour vite fait au chaud ensuite !

4 reflexions sur “Du 5 décembre au 23 décembre: de Laguna Azul à Punta Arenas (1633 km – 10 768 km parcourus)

  1. Ememe Ka

    J’aime bien la photo sur l’arbre au Lago Roca où on cache notre joie effectivement… Par contre on dirait que le tronc est à raz le sol alors qu’il était assez haut quand-même ! Et au fait je n’ai pas la photo où on est tous sur l’arbre…
    Bon ce qui est bizarre c’est que dans votre récit, il n’y est question nulle part de cassette (à part de la fumée qui en sort, mais on était pas encore là), alors que bon quand-même c’était une préoccupation importante et un sujet de discussion intarissable…

    1. Pauline

      Moi aussi il me manque des photos, j’ai du en oublier sur la sauvegarde… et je sais que chaque vidange de cassette est une nouvelle aventure mais sinon j’arriverais jamais à publier!

    2. Mamouna

      ben oui, mais on va pas tout dire hein
      On peut quand même préciser que la vitesse de remplissage de la cassette était proportionnel à la diminution de la réserve d’eau et comme MMK a tout le temps soif… et que la règle était de profiter au maximum de la nature.

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