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Du 22 janvier au 31 janvier : de Puerto Cisnes à Chacao ( 543 km terrestres – 13 710 km parcourus – Les virevoltants
Les virevoltants

Du 22 janvier au 31 janvier : de Puerto Cisnes à Chacao ( 543 km terrestres – 13 710 km parcourus

Il est une île, ou plutôt un archipel, composé d’une grande île principale d’environ 120 km de long (du nord au sud) sur 40 km de large et de plusieurs petites îles. Cet archipel, à l’ouest du continent, presque constamment noyé dans la brume ou la pluie, est marqué tant par l’indépendance d’esprit de ses habitants que par les traditions et la mythologie particulière qui perdurent. En effet, ses premiers habitants, les Chonos, puis les Mapuches et enfin les Espagnols se sont succédés sur ces terres vallonnées et verdoyantes, constituant le dernier avant-poste Espagnol au Chili. Les Jésuites, qui ont eu pour mission d’évangéliser les habitants, n’ont pas eu la tâche facile et ont du faire preuve d’imagination pour mêler la mythologie existante avec le catholicisme, comme on peut le voir dans de nombreuses petites églises en bois typiques de l’île et classées au Patrimoine de l’Unesco. Pour déroger à la règle, nous n’avons eu presque que du soleil lors de notre passage à Chiloé

Dimanche 22 janvier: La nuit a en effet été très courte : le réveil sonne à 3h45 car il faut être sur le parking de l’embarcadère à 4h. Autour de nous, ça s’agite. Un type nous indique où nous garer, un autre vérifie les papiers du véhicule. Il fait froid, et pas de bateau en vue… Le parking est maintenant rempli de voitures, on se demande comment tout ça va rentrer dans le ferry, surtout que des énormes camions attendant aussi dehors. Enfin, on voit arriver le « Jacaf ». Commence le long débarquement de voitures, camions et passagers, Puis le re-remplissage. Les gros camions entrent sur le parking, sur la rampe et enfin dans le ferry, tout en marche arrière. Quand vient notre tour, on nous demande de faire demi-tour sur le ponton flottant et de monter en marche-arrière aussi. La pente pour entrer est assez raide et l’embrayage n’est pas content, il nous le fait bien sentir !

bien rangé

Les roues sont ensuite sanglées au sol, le pont se referme et on lève l’ancre. Nous, on reste bien calés dans le CC (les garçons dorment toujours et Hervé se recouche). Lorsque Marius est réveillé, on part explorer le bateau et on voit le soleil qui vient de sortir derrière les montagnes, le temps es très clair et la mer toute calme. Le bateau passe entre la côte et des îlots tous boisés. On est presque les seuls sur le pont supérieur car les passagers dorment dans la salle principale.

le passage est au bout, entre les 2 îles

vue sur la Cordillera

On passe la journée entre le CC (il y fait un peu frais et un peu sombre mais on y est mieux que dans la grande salle bondée) pour le calme et les dessins, et des incursions au soleil sur le pont. Il n’y a pas un nuage !

bien sages

10h de navigation plus tard…

escale à Melinka

Hervé observe des baleines avec ses jumelles, au loin. Après une petite escale à Melinka, petite île perdue tout au nord du chapelet des îles que nous avons longées, on entre sur le Pacifique. A leEst, on voit la Cordillère des Andes, le volcan Corcovado et son cône blanc de neige, le volcan Chaiten (moins enneigé parce qu’un peu plus actif), c’est très beau.

Volcan Corcovado

On accoste à Quellón, au sud de Chiloé après 12h de navigation. Le débarcadère fait un V avec la rampe de sortie, mais on sort facilement, même pas besoin des cales que les manœuvres placent devant les roues !

alors pour sortir: ne pas oublier de tourner…

On quitte vite cette petite ville, épicentre du tremblement de terre qui a eu lieu il y a un mois. La seule trace qu’on en voit est un morceau de route effondrée récemment réparée et signalée par 3 cônes oranges un peu après la ville. Quellón est aussi le terminus (ou le début, c’est selon) de la Panaméricaine, la route qui va jusqu’en Alaska ! Les paysages sont bien verts, c’est très agricole. Les maison chilotes sont recouvertes de bardeaux et de tuiles en bois (on utilisait avant le bois d’alerce, sorte de cyprès imputrescible) et sont posées sur des billots de bois. C’est pratique pour mettre la maison de niveau, et surtout pour déménager : lorsque quelqu’un veut changer sa maison d’endroit, il convoque une « minga » . Ce système solidaire traditionnel réunit tous les gens du voisinage qui viennent avec leurs bœufs ou leur huile de coude. On faire rouler la maison sur des troncs d’arbres jusqu’à l’endroit voulu (parfois, en haut d’une colline voisine !) et à la fin, la personne qui a convoqué la miga fait un grand repas pour tout le monde. Les « mingas » peuvent aussi être organisées pour certaines tâches agricoles ou autre. On arrive à Castro, la ville la plus importante de l’île, perchée en hauteur. Après une montée bien bien raide, on se gare dans une petite rue calme à 2 pas du centre. Petit tour sur la place, petit resto très bruyant, et bonne nuit.

Lundi 23 janvier. Ce matin, on va déposer 21kg de linge à la lavanderia du coin, puis on va visiter l’église sur la Plaza de Armas. L’extérieur est jaune citron et mauve, c’est d’un goût très incertain, mais l’intérieur est entièrement en bois et plutôt sobre et joli, c’est un vrai contraste.

Glace citron-violette

Saint Michel et le dragon: un monstre chilote

On cherche ensuite un coiffeur pour Marius. On en trouve un, et la dame nous dit de repasser plus tard. On va donc se connecter à un wifi pour souhaiter les multiples anniversaires de la famille de Hervé, puis on retourne chez le coiffeur, qui coupe les cheveux (secs) au ciseau désépaississant… On va ensuite manger dans une cantine dont les murs sont décorés des portraits et de peintures révolutionnaires. Après quelques courses et la visite du musée local, on achète du « algodones » promis aux garçons et on descend au port.

Conseil de Maître Yoda: « Si les cheveux tu veux te couper, à Chiloé tu ne dois pas aller. »

C’est assez animé car il y a un grand marché couvert qui vend de la nourriture, de l’artisanat made in Chiloe et made in China. On longe la costanera et le quartier des palafitos, les maisons typiques en bois sur pilotis, toutes colorées. La façade donne sur la rue, et l’arrière donne sur la mer. Certains sont assez délabrés, et d’autres, transformés en hostals chics, sont bien rénovés. Ici, le tourisme est en plein essor, il y a des annonces pour des « cabañas » à louer absolument partout.

Maison rose de Castro

Maison vieille de Castro

Au retour, on s’arrête dans un café -galerie très joli, tout en bois, qui a une expo photos de Castro et Chiloé dans les années 1930-1950 (on voit notamment le chemin de fer qui a ensuite été détruit dans l’énorme tremblement de terre de 1960). On prend un goûter sur la terrasse en bois, dommage que ce soit marée basse… Le couple qui gère l’endroit est très gentil, ils prêtent des jeux en bois aux garçons qui leur font la conversation…

Palafitos à marée basse

goûter au calme

cap de monter la petite route de l’île en CC?

On passe ensuite au mirador pour la vue sur les palafitos d’un autre quartier (Gamboa) puis on rentre au camping car. Tiens, il pleut un peu…

Mardi 24 janvier. Ce matin, on essaie d’aller au supermarché avant de quitter la ville, mais impossible de se garer, alors on file vers le sud et puis surtout vers Cucao, à l’ouest de l’île. On longe un grand lac mais il n’y a pas d’accès : la moindre parcelle est transformée en « camping » de fortune (souvent c’est un champs tondu mais c’est payant) ou loue des cabañas. La route est jolie, bordée de rubarbes géantes, fougères géantes (et parfois d’affaissements géants). On arrive au Parc National de Chiloé, on mange les empanadas au saumon et fromage achetées sur la route, puis on part visiter le parc. On commence par le sentier de las dunas et de la playa sous le soleil. C’est là qu’on fait connaissance avec des sortes d’énormes mouches noires et oranges, grosses comme des frelons, vrombissantes et hyper chiantes : ce sont les tabanos qui harcèlent tout le monde ici au mois de janvier. Chouette, on a bien choisi le moment ! Ils se posent sur nous et mordent parfois un peu si on ne les chasse pas. Ça rend tout le monde hystérique. C’est un peu mieux à l’ombre, dans la forêt. Du mirador, on voit le Pacifique !

Pacifico

Rhubarbes

On arrive sur la plage en traversant un champs avec des vaches (pour le plus grand plaisir des tabanos) mais une rivière marron nous empêche d’accéder à l’océan !

On rentre par la forêt et on enchaîne avec un autre sentier qui part vers un petit lac en passant sur des passerelles. Hop le mirador, la belle vue sur le lac, l’océan, la forêt, hop le retour sur le chemin boueux et hop, fini les sale bestioles.

Mirador

côté lac

et si tu mangeais quelques tabanos, toi?

On cherche ensuite un bivouac vers la plage mais on ne trouve rien, ou plutôt c’est déjà occupé. On fait demi-tour et on cherche le long du lac : on s’engouffre dans un petit chemin raide et étroit. Au bout c’est sale et minable, et on ne peut pas faire demi-tour. On remonte en marche arrière, je ne sais même pas comment Hervé à fait. Tous les abords sont clôturés, c’est un peu pénible. Finalement, on trouve un terre-plein à côté de la route, et les vaches n’ont pas l’air de se soucier de notre présence. La route n’est pas trop fréquentée, ça fera l’affaire.

Mercredi 25 janvier. Nuit en effet calme, et grand soleil au réveil. On joue les prolongations matinales en faisant un peu de ménage et d’école puis on va à Chonchi, sur la côte est. On y trouve sa jolie église au plafond bleu constellé d’étoiles blanches, sa costanera tranquille, son petit marché avec un resto de poisson du jour juste au-dessus.

Eglise de Chonchi

plafond étoilé

maison de Chonchi!

des couleurs et des fils électriques

Au retour, on fait quelques courses, et le vendeur du magasin de fruits et légumes donne de la pastèque aux garçons. 10 min plus tard, à la station-service, la pastèque et tout le repas de Marius se retrouve sur le trottoir (par la porte arrière ouverte, ouf !) Il reste patraque un bon moment, mais c’est le seul… On rentre à Castro pour chercher le linge propre et on file vers Dalcahue pour prendre le ferry pour la petite île de Quinchao. La route se termine en pente très raide (une spécialité ici) à l’embarcadère. Après quelques minutes de traversée, on débarque.

C’est juste en face!

Il fait toujours aussi beau. On continue la petite route, on s’arrête aux jolis miradores sur la route (lorsqu’on peut s’y garer), qui est jolie mais en montagnes russes, ça stresse un peu Hervé.

mirador avec vue sur la Cordillère

Arrivé au sud de l’île, on bifurque vers la gauche et après un petit chemin poussiéreux, on débouche sur une petite plage. On se gare sur le sol dur, on remplit 2 sacs de détritus qui entourent le bivouac (près des buissons). Et dire qu’on trouvait le Chili moins sale que l’Argentine…  Les garçons filent jouer et se lient avec une famille de Chiliens en vacances. Lorsqu’ils se sont tous entassés à l’avant et dans le coffre du pick-up, il ne reste qu’une tente plantée un peu plus loin. Ah non, voilà un troupeau de moutons qui nous passe sous le nez ! C’est assez drôle de voir des moutons courrier ventre à terre dans le sable ! Le ciel, la Cordillère et ses sommets enneigés, en face, se teintent de rose…

on rentre au bercail

bonsoir montagnes, et bonsoir mer

Jeudi 26 janvier. Ce matin, Hervé s’est réveillé à l’aube pour voir le lever sur soleil sur le continent et la chaîne de montagnes.

wouah, wouah et rewouah

Les garçons vont ramasser des trésors sur la plage et les montrent à une dame qui leur explique les différentes sortes de coquillages et de roches qu’ils ont trouvées. Un famille d’une communauté indienne voisine arrive et commence à laver et étaler des algues marron sur la plage. Il y a 3 générations qui travaillent en discutant et en riant, tandis que les enfants barbotent. Dans l’après-midi, ils les retournent, et lorsque les algues sont sèches, ils les emballent dans des gros sacs. Ces algues sont ensuite exportées en Asie pour faire des produits cosmétiques.

Marius et Aloïs partagent leur goûter avec les trois enfants (Darwin, Fernanda et Diego) et jouent avec eux jusqu’à ce que la famille reparte avec les gros ballots d’algues. Le vent du sud, plus frais, se lève d’un seul coup. On discute un moment avec un couple de retraités franco-chilien : lui est né par ici, sur une des petites îles, et s’est exilé en France après le coup d’Etat. Depuis la fin de l’ère Pinochet, il revient par ici dès qu’il le peut.

Vendredi 27 janvier : Ce matin est un peu couvert, il a un peu plu cette nuit et on a entendu des grognement et quelque chose bouger le CC… On découvre vite la cause : c’est une énorme truie et ses porcelets qui gambadent sur la plage !

la copine du jour

Petit moment d’énervement lorsqu’on se rend compte que les garçons ont tous les deux perdu leurs crocs ! Ils les ont laissé sur la plage hier soir et la marée est passée par là… C’est la 2eme fois pour Aloïs, bravo la pollution marine ! On quitte ce chouette bivouac en fin de matinée et on va à Achao, un autre village de l’île, qui a la particularité d’avoir la plus ancienne église de l’archipel (1788).

Achao

et son plafond sculpté

On revient ensuite sur l’île principale et on va à Tenaun, un village dans l’est de l’île, au bout de la route en ripio, en travaux et en pente. On se gare au calme, entre l’église à la façade étoilée bleue et blanche, et la plage où des petites barques sont au mouillage. On est garé juste en dessous de l’alarme en cas de tsunami ! Heureusement, elle ne bronche pas de la nuit.

bivouac à Tenaun

Samedi 28 janvier : Ce matin, on visite l’église puis le petit village, en revenant par la plage qui borde la petite baie et ses bateaux de pêcheurs.

On revient ensuite sur nos pas pour aller voir San Juan, son église et son chantier naval.

San Juan

Marius très appliqué

Marius tient à montrer la mousse sur le toit

en chantier

La pente qui y mène est vraiment très raide et Hervé stresse de ne pas pouvoir remonter, ou de croiser quelqu’un lors de la remontée (surtout les cons de 4×4 qui ne s’écartent jamais). D’ailleurs, lorsqu’on repart, on voit que ça s’active beaucoup autour de la petite église. A peine arrivés en haut de la côte, on croise une ribambelle de voitures et pick-up décorés de fleurs, de rubans, transportant des gens bien habillés et des statues fleuries ! à 5 min près, on les aurait tous croisés dans la longue pente large pour un seul véhicule un peu large ! Le GPS nous fait ensuite prendre la route qui passe par Quemchi. Mais la route est en travaux. Arrive une descente, et pas de type avec un panneau « siga » ou « pare » qui régule normalement la circulation en alternance. Du coup, on va tout droit, sur la nouvelle route… pas du tout terminée : elle est recouverte d’une très épaisse couche de sable gris. Et spochhh, on s’ensable ! (ah, j’ai oublié de raconter le premier enlisement, sur la Carretera Austral ! Sur le chemin de gravier, un 4×4 nous double dans un virage et une montée, alors qu’on voiture arrive en sens inverse. Donc, On s’écarte sur le côté, et on s’échoue dans une grosse ornière de graviers. Et le CC penche dangereusement vers la droite. Un peu plus à droite, il y a la pente puis le lac… La roue arrière la plus à gauche ne touche même plus le sol. Heureusement, la voiture en face s’arrête – pas le 4×4 – et nous dit que des camions arrivent juste derrière. Un petit camion qui transporte des chevaux arrive bientôt, et un chauffeur de poids lourd, qui est en vacances avec sa famille, mène la manœuvre et nous tire de là en quelques minutes. Tout le monde a été très gentil et très aidant) Ce coup-ci, on essaie de creuser devant les roues mais ça ne sert à rien… Au bout d’un moment, les types du chantier plus loin nous voient et viennent avec un gros Caterpillar pour nous sortir du sable, en nous assurant que le reste de la route n’est pas meuble… On traverse l’île d’est on ouest, toujours en montagnes russes, et en finissant sur du bon gros ripio bien poussiéreux. On s’arrête au sommet d’un colline et on va demain si on peut rester là pour la nuit et faire du kayak le lendemain. Enriqueta est d’accord, alors on se gare dans le champs avec vue sur l’océan au loin, et la rivière tout en bas.

Dimanche 29 janvier. La brume matinale s’est levée sur la rivière, les garçons se sont préparés au quart de tour, et à 10h, Fernando nous fait monter dans son super 4×4 dans lequel on ne sent même pas qu’on est sur du ripio !

brume matinale (en dessous, c’est la rivière)

Il nous descend à un embarcadère et nous emmène en bateau jusqu’à un petit ponton de bois, son « port ». Les tabanos sont de la partie, et en nombre… Hervé monte avec les garçons dans un kayak 3 places, et je prends l’autre kayak, d’une seule place. On file sur la rivière. Au milieu de l’eau, il y a un peu moins d’insectes cons. Après avoir ramé vers l’estuaire, je m’arrête sur une petit plage pour faire des photos, mais je suis immédiatement assaillie par une nuée de tabanos vrombissants, certains arrivent même à me mordre ! Je distribue des coups de rame et je remonte dare-dare sur le kayak. On contourne une petite île boisée, on entend qu’un vrombissement sourd et quelques cris d’oiseaux.

oh hé!

Le retour est un peu plus sportif car on est à contre-courant et on a le vent de face. Après avoir tiré les kayaks entre les arbres de la rive, on doit remonter toute la colline à pied, en passant par la forêt, sur un sentier parfois boueux. Cette partie n’enchante pas du tout Marius, mais il cueille quand-même un bouquet de fleurs pour Enriqueta.

remontée par la forêt

On part ensuite pour Ancud, la ville au nord qui a été très endommagée par le tremblement de terre de 1960. On se promène dans le centre (c’est dimanche, tout est fermé et les gens flânent sur la place), on visite le petit musée des pompiers, on marche sur la costanera au soleil, etc… La nuit, on entend une grosse averse…

Lundi 30 janvier. Ce matin, le beau temps est de retour. Hervé va faire des courses avec Aloïs pendant que Marius et moi allons dans un café sympa qui a un bon wfi, ce qui me permet de publier sur le blog et de réserver nos billets de retour en juillet… Ensuite, on veut goûter un curanto al hoyo, le plat traditionnel de Chiloé, constitué de coquillages, viande, différentes patates et pâte de farine de maïs cuit dans des feuilles de rhubarbes géantes dans un trou dans la terre. On va à endroit réputé qui est un des seuls à le faire de manière traditionnelle. Mais voilà, aujourd’hui ils le font pas dans le trou, j’ai pas bien compris pourquoi. Du coup, on l’a en version bouillie à la casserole, et c’est franchement pas convainquant… On a la flemme de visiter les musées réputés de Ancud, alors on remonte jusqu’à Chacao, village au pied de l’embarcadère des ferrys qui font la liaison avec le Chili continental. On se gare près de la promenade sur le joli front de mer. Il y a une sorte de petite halle sur pilotis dans lequel a lieu une scène pour le moins insolite : des adolescents en maillot de foot, jeans slims, coiffures de joueurs de foot et t-shirt moulants dansent des dansent traditionnelles en secouant des mouchoirs blancs au-dessus de leur tête… C’est une répétition très assidue qui dure plus de 2h ! Certains ont des bottes à éperons pour marquer le rythme comme des claquettes.

répétition de danse traditionelle

le chien au milieu reste imperturbable

Avec Marius et Aloïs, on se promène sur la costanera qui décrit certains personnages de la très foisonnante mythologie chilote.

Quelques specimens ici (je fais un condensé des diverses infos trouvées) :

El Millalobo : Esprit masculin de la mer qui vit dans les fonds marins avec sa femme la Huenchula et leurs trois enfants : la Pincoya, el Pincoy et la Sirène. Ils veillent tous sur les mers de Chiloé.(c’est le préféré d’Aloïs parce qu’il est gentil)

El Trauco : Esprit très important, incarné sous la forme d’un gnome repoussant mais charmeur, il séduit les femmes seules et serait le père d’enfants nés hors mariage. Son rôle initial, qui a été oublié au profit de son rôle plus folklorique décrit plus haut, est d’être le maître et le gardien protecteur de la forêt.

La Fiura : Fille et épouse du Trauco, caractérisée par sa laideur et sa méchanceté, elle tente de séduire les hommes seuls qui s’aventure près de son habitat : les bois et les étangs.

Los Brujos (les sorciers): figures centrales et malfaisantes, ils jettent des mauvais sorts, corrompent les humains et vivent dans une grotte gardée par el Invunche. Il existe un groupe de brujos, les Machi, qui pratiquent la magie noire et la médecine naturelle.

El Invunche: garde de la grotte des brujo. Ancien humain à qui les brujos ont fait tourner la tête à 180°, brisé une jambe qu’ils lui ont cousu ans le dos. Il émet des sons gutturaux désagréables pour communiquer, il boit du lait de chatte et mange de la chair humaine. Lorsqu’il meurt, les brujos se partagent son corps car sa chair peut guérir n’importe quelle maladie.

La Voladora: messagère des brujos. La nuit, elle vomit ses entrailles pour être assez légère pour voler et porter les messages aux brujos. Le matin, elle ravale ses entrailles et redevient une femme.

El Basilísco : Créature mi-coq, mi-serpent. Il absorbe le soufflé et la salive de ceux qui dorment là où il a élu domicile, provoquant des maladies et parfois même la mort.

Ten Ten Vilú et Cai-Cai Vilú : Etres puissants qui ont la forme de serpents.  Ten-Ten représente la force de la Terre (bon) et Cai-Cai, celle de la Mer (méchant). Ils se sont combattus il y a très longtemps. De leur terrible combat, des montagnes et des volcans sont nés, Ten-Ten Vilú est sorti victorieux mais Cai-Cai Vilu a réussi à séparer l’Archipel de Chiloé du continent.

El Caleuche : Bateau des Arts qui mène l’esprit des défunts vers l’endroit où le soleil meurt sur l’horizon. Ceux qui l’ont vu racontent qu’il est totalement illuminé et entouré de musique. Lorsqu’il s’en va, il laisse un sillage de bruits de chaines et disparaît au milieu de la brume épaisse.

Après les danses folkloriques, c’est un cours de zumba sur fond de musique digne de « Chat noir, chat blanc » qui anime la soirée jusqu’à 21 ! C’est petit mais vivant, Chacao ! Et les chiens locaux réclament visiblement aussi un cours de danse…

Mardi 31 janvier. Ce dernier matin sur Chiloé est encore ensoleillé mais frais. On embarque un peu avant 11h sur le ferry qui doit nous ramener sur le continent. Un couple d’aveugles demande à se faire prendre en photo devant le paysage avec leur portable (si si, c’est vrai). Un jeune type joue de l’accordéon. La traversée est rapide (20 min) mais nous laisse le temps de voir des pingüinos (Marius est très fier d’avoir repéré les manchots le premier), des lions de mer et un dauphin qui nagent dans le détroit !

Adios Chiloé, revoici le continent!

4 reflexions sur “Du 22 janvier au 31 janvier : de Puerto Cisnes à Chacao ( 543 km terrestres – 13 710 km parcourus

  1. Ememe Ka

    Dis donc, je n’aurais pas aimé croiser el Invunche !!! Je vois que Marius se met à la photographie, c’est bien ça ! Quand est-ce qu’ils commentent une journée ces petits ? On voudrait leur version un jour, avec leur photos bien sûr !
    Bisous aux coquins !

  2. Manue

    je le trouve très beau moi cet enfant avec ses cheveux coupés 😉 C’est magnifique cet île vous avez du en prendre encore plein les yeux ! Dis pourquoi 10H à l’aller et 20min au retour ? ça m’intrigue 😉 Des bises à vous 4 !

    1. Pauline

      Ben on est arrivés par le sud, depuis Puerto Cisnes, et on est repartis par le nord, séparé du continent par un saut de puce!

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