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Du 25 mai au 7 juin: de La Paz à La Quiaca (1811 km en CC – 25 451 km parcourus) – Les virevoltants
Les virevoltants

Du 25 mai au 7 juin: de La Paz à La Quiaca (1811 km en CC – 25 451 km parcourus)


 La partie dans le salar n’apparait pas car Google map dit qu’on ne peut pas y aller en voiture… (le salar, c’est donc la grosse tache blanche ;))

Vendredi 26 mai. Cette fois, on quitte bien La Paz. On voulait faire un tour en téléphérique, mais vu le temps pourri, pas de regret. On a appris que le Sud Lipez et les frontières avec le Chili sont fermés pour cause de tempête de neige ! Nous, on prend la route vers Oruro à 7h, on sort assez facilement de la grande ville noyée dans le brouillard puis on s’arrête au milieu de l’altiplano pour prendre le petit déjeuner. Puis on roule, on roule… La route est assez monotone, bien asphaltée, elle traverse des villages pauvres, en adobe (terre battue), puis la grosse ville grise d’Oruro, et ensuite ça recommence. Pause-midi en bord de route, près de jeux boueux et de chiens errants. L’après-midi est ponctuée de péages, flics qui tentent d’extorquer (sans succès) quelques bols à chaque péage. On parvient à faire le plein du CC et d’un bidon de 20l de diesel pour 5 bols le litre, ce qui n’est pas mal. Pour les boliviens, le prix est de 3,74 bols/l, mais pour les étrangers, c’est 8,80 ! Les stations qui n’ont pas de caméras pour filmer les plaques acceptent parfois de faire un prix intermédiaire « sin factura » et le pompiste se met la différence dans la poche. Certains voyageurs ont beaucoup galéré, c’est un petit peu au petit bonheur la chance. Le soir tombe lorsqu’on contourne la ville minière de Potosi (plantée à 4000m d’altitude au pied d’une immense mine d’argent), sans trop d’encombres. On continue encore sur la bonne route en direction de Sucre, et on s’arrête bivouaquer sur un mirador au bord de la route. Ouf ! On est cuits, après 591 km !

bivouac hasardeux mais jolie vue

Samedi 27 mai. Après un petit déjeuner avec vue sur les montagnes et le ciel gris, on avale les derniers km jusqu’à la ville de Sucre, capitale constitutionnelle du pays. C’est une ville « riche », classée au Patrimoine de l’Unesco, située à 2700m d’altitude. On trouve une place devant le supermarché de la ville, le premier qu’on visite en Bolivie, et il est plutôt bien fourni, même en fromage ! Puis on traverse la ville blanche jusqu’à la rue du petit « camping » de Felicidad et Alberto, bien connu des overlanders car c’est le seul de la ville. Le camping est plein, alors on se gare dans la rue et je pars à la recherche de Felicidad. Elle nous dit qu’un camion allemand va partir dans l’après-midi et qu’on pourra entrer. En attendant, on va se promener en ville et manger dans un resto végétarien au super menu du jour. C’est la fête des mères en Bolivie, les vitrines sont pleines de gros gâteaux à la crème pour l’occasion. En rentrant, on passe par le marché « classique » et le marché artisanal où tous les stands vendent les mêmes trucs faits à la chaîne.

Sucre

Eglise San Francisco

course aux pigeons, comme dans toutes les grandes villes!

Bélgica, Bolvia, même combat

On entre dans le camping alors qu’un Iveco avec cellule Mobilvetta qui a le même avant que le nôtre est garé dans la rue.

faux jumeaux!

Le portail neuf a été agrandi de 40 cm, l’entrée est donc facile. A peine sommes-nous garés qu’on voit arriver le CC de Daniel, Karen, Noé et Paul qui reviennent du salar ! On ne pensait pas les revoir, mais comme ils sont vers le Paraguay, on se croise de nouveau. Les garçons mettent vite l’ambiance dans le CC, puis on fait une soirée séparée : dessins-animés pour les enfants dans un CC, et apéro pour les parents dans l’autre. S’il fait bon dehors dans la journée, ça fraichit bien à la nuit tombée ! On ne voit pas les heures passer dans le noir et l’heure de l’extinction des feux est bien tardive.

Dimanche 28 mai. Grasse matinée, activités classiques en camping… Les quatre garçons élaborent et dessinent les plans d’une prison pour braconniers qu’ils construiront quand ils seront grands car ils ont décidé de revenir habiter tous les 4 dans la jungle pour protéger la nature. C’est pour ça qu’ils gardent leurs soles et leurs bolivianos pour quand ils seront grands. Vers midi, on va avec nos amis au resto français « Le P’tit Parisien ». On doit y retrouver Bruno et Marianne, de l’autre Iveco. Sur internet, il y a pas mal d’avis assez incendiaires car le patron est un personnage assez entier, et ça se passe parfois mal avec certains clients. On est donc un peu dans l’expectative. Lorsqu’on arrive, Bruno et Marianne ne sont pas là, et c’est fermé… Les enfants frappent sur la porte vitrée, et le patron ouvre : « vous voulez manger ? entrez ! » Nous voici donc tous seuls dans le petit resto sympa à la déco franco-bolivienne. La carte est bien française, et propose une cuisine familiale. On mange de la tartiflette, du bourguignon, de la quiche, des croques-monsieur, du fromage et des crêpes tout en discutant avec Christian, véritable personnage établi ici depuis 17 ans. Il y a même de la grenadine pour les enfants, et le café nous est offert ainsi que de la gnôle de guayaba maison. Bref, on passe un très bon moment et on mange bien ! On va ensuite vers le grand Parque Infantil plein de jeux en forme de dinosaures et plein à craquer de familles de Sucre.

Sortie en groupe

Les enfants jettent leur dévolu un grand toboggan. On encontre Amélie, Etienne et leurs enfants Apolline et le Célestin qui étaient au salar avec Daniel et Karen, puis une autre famille qui voyage en sac à dos et bus.

Après des dizaines de descentes dans tous les sens, le parc ferme et on rentre vers le camping en passant par les rues animées. Des ouvriers sont en train d’installer la fibre internet dans le camping et Felicidad nous annonce qu’on va donc avoir un internet super rapide. Pour l’heure, on s’affaire plutôt à passer une dernière soirée avec nos amis !

Lundi 29 mai. Tous les allemands et suisses du camping partent ce matin dans un savant ballet (les derniers arrivés sont devant le portail, donc tout le monde doit se bouger pour permettre aux autres de sortir) puis c’est notre tour. Les garçons ont du mal à quitter nos amis, et nous partons finalement sur un « A bientôt à Bordeaux ! ». Il est midi passé lorsque nous sortons de Sucre en faisant l’impasse sur le musée des empreintes de dinosaures découvertes dans une cimenterie, car les moins de 12 ans ne peuvent pas accéder aux empreintes, et en plus c’est dans la direction opposée à la nôtre. Donc, on repart en direction de Potosi, qu’Hervé redoute par son relief, son altitude et sa concentration de voitures. Mais je lui ai dégoté un itinéraire digne de Guanaco Fûté, qui évite les terribles rues pentues et embouteillées, et avec une pompe à carburant coopérante en prime. Puis on emprunte la très belle route reliant Potosi à Uyuni : bel asphalte et superbes paysages, malgré le ciel gris.

oui oui, c’est une route bolivienne!

On roule bien et on finit par arriver dans cette ville du bout du monde, aux rues larges et un peu défoncées, balayées par un vent glacial On se gare dans une rue calme, juste devant la caserne militaire, et on va manger les meilleures pizzas du voyage dans le resto de l’hôtel Toñito, juste en face. Puis on se couche en ayant une pensée pour les deux militaires debout dans le froid devant la guérite de cette ville de western polaire.

 

Mardi 30 mai. Réveillés au son de la fanfare militaire (qui, malgré ses efforts, n’est pas prête de venir jouer au Doudou…), on prend le petit déjeuner puis on sort dans le froid piquant. On discute un moment avec le couple français du van d’à côté, puis on va voir des agences pour se renseigner sur les tours dans le Sud Lipez. Pour le moment, la neige empêche l’accès au Parc National de la zone Sud, mais certaines agences proposent d’autres circuits, et d’ici quelques jours, la situation météo va peut-être changer. On part sur une agence un peu plus chère que d’autres mais qui nous parait bien. On va ensuite s’approvisionner en eau et autres bricoles, puis on peut faire le plein et on va au cimetière de trains à la sortie de la ville. Le vent froid souffle terriblement ! Après le repas, on va grimper sur les vieilles locos abandonnées là après des années de service dans la région des mines de Potosi. On est tous seuls, ça souffle, il fait froid, c’est une drôle d’ambiance !

terminus pour ces vieilles locos

escalade dans le vent

pas mal installés…

Puis on prend un des chemins tant attendus depuis le début du voyage : celui du Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde (12 000 km2, soit 2 départements français) Après la piste qui traverse le village de Calchani, l’accès au salar est un peu délicat, on ne sait pas trop par où passer, et on doit traverser quelques grosses flaques d’eau salée. Puis on roule sur une piste en sel : en fait, on suit des traces de roues dans le sel, vers une île au loin. On est au milieu du blanc !

On y est!

Après le monument du Dakar (en sel), on continue un peu, puis on s’écarte de la piste pour le bivouac au milieu de rien ! C’est incroyablement beau ! Mais froid… On sort un moment, on rentre se réchauffer, on ressort pour le coucher du soleil puis on rentre bien vite ! A l’abri du vent, il fait 2°C dehors…

sel doré…

Mercredi 31 mai. A 4h du matin, il fait 1°c à l’intérieur, alors Hervé sort vaillamment la main de dessous la couette pour appuyer sur l’interrupteur du chauffage (oui, c’est le grand luxe). On lézarde un peu le matin, puis on roule en plein milieu du sel. La croûte est très épaisse, mais il y a quelques pièges : des trous plus ou moins grands, et plus ou moins remplis d’eau. Grande première : je conduis le CC… et les garçons aussi, tous seuls !

comme un chef!

On dépasse l’île d’Incahuasi et on se gare pas loin de l’isla Pescado, un peu plus au nord. C’est curieux, ce besoin instinctif de se rapprocher d’une île, d’une terre ferme, qu’on soit sur une mer d’eau ou un désert de sel… Les abords ne sont pas trop praticables car la couche de sel est fine et recouvre du sable, mais on est garés à bonne distance. On est vraiment seuls au monde, ici !

Isla Pescado

partie de frisbee

Aloïs chevauche une drôle de bête…

L’après-midi, on va visiter un bout de l’île. La plage de sable marron se prolonge par des rochers très coupants, en coraux pétrifiés et des grands cactus candélabres. On voit passer des grosses viscachas, mélange entre un lièvre et un écureuil. On se demande un peu ce qu’elles boivent et mangent, vu l’environnement aride ! Il y a aussi une petite grotte et des traces de feu.

notre « plage »

On ramasse des buissons morts et on apporte tout près d’un endroit entouré de pierres, pour faire un feu le soir. Le vent s’est levé et il ne fait pas chaud mais l’apéro autour du feu est très réussi !

On rentre alors que la lune, bien qu’à moitié pleine, éclaire le salar. On tente d’allumer la lanterne chinoise que notre voisin Eric nous avait donnée à Montreuil (et qu’on a réservée pour ce moment), mais c’est loupé : peut-être l’altitude et le manque d’oxygène, ou le froid, ou le vent, ou les trois… Après quelques tentatives, on se réfugie au chaud dans le CC !

rien à faire, ça ne décolle pas…

 

Jeudi 1er juin. 0°c au réveil dans le CC, heureusement que le soleil réchauffe vite l’intérieur ! On part vers le sud-ouest, il y a plusieurs îles, et on s’arrête près de celle qu’une petite fille de voyageurs américains a appelée « Sleeping Iguana Island », même s’il n’y a pas d’iguanes. Marius et Aloïs passent un long moment à jouer sur le sel et sur la petite plage. L’après-midi, je vais prendre un peu de hauteur avec les garçons pendant que Hervé bricole et calfeutre la soute à batterie en prévision su dessalage au kärcher qui nous attend à la sortie du salar.

toujours ces étranges formes…

Vendredi 2 juin. Dernier matin tous seuls sur le salar : -2°C à l’intérieur et -8°C dehors à 8h ! On rentre vers Uyuni, après un arrêt au lavadero au kärcher surpuissant : toute la croûte de sel accumulée sous le chassis est partie et le CC est rutilant. On retourne nous garer devant la caserne militaire, au calme. Hervé va confirmer notre réservation pour le tour de 3 jours en 4×4 dans le Sud Lipez, on fait des courses (surtout de l’eau !)  et on boucle les sacs pour l’expédition avant d’aller avaler des pizzas chez Toñito.

Samedi 3 juin. Le réveil est aussi froid qu’hier alors qu’on est dans la ville… On décide de laisser le CC là, on ferme tout bien et on va à l’agence du tour, Quechua Conexion. Les circuits classiques sont adaptés car il y a toujours beaucoup de neige dans le sud et une partie de la région est fermée à la circulation, tout comme la frontière avec le Chili qui débouche à San Pedro de Atacama. La semaine dernière, seules les sorties sur le Salar étaient possibles. Il a fait très beau ces derniers jours mais toujours très froid, on ne sait donc pas vraiment ce que nous allons faire comme circuit. On fait la connaissance de notre groupe dans la petite salle où des sacs de couchages sont empilés le long d’un pan de mur entier, jusqu’au plafond. On a pris aussi les nôtres. Nous serons donc dans un Toyota Land Cruiser avec Sylvia (une canadienne), Ademar notre chauffeur et Lucho, le guide du groupe entier. Le second véhicule, conduit par Manuel, embarquera deux jeunes canadiennes, une australienne, une néo-zélandaises et deux joyeux brésiliens très en forme, Josef et Gabriel qui adoptent tout de suite Marius et Aloïs. Première étape : le cimetière des trains, qu’on connait déjà, mais qu’on est contents de revoir avec moins de vent.

notre nouveau véhicule!

Puis on va en direction de Colchani, le petit village de terre et de sel aux portes du salar, où les habitants vivent de la vente d’artisanat (un peu en sel, et le reste est le même que partout ailleurs) et d’empaquetage de sel. On repart ensuite sur le salar. On s’arrête à 4km du monument du Dakar, car des vélos nous attendent. L’agence s’est débrouillée pour trouver des vélos à la taille des garçons ! Marius enfourche un joli vélo noir et vert et Aloïs un specimen mauve un peu plus grand. Je pars avec Aloïs sur un vélo bien grinçant et à la selle défoncée. Ça secoue car il y a des mini-murs qui forment des figurent géométriques sur le sol (à cause du vent ?) et quelques trous. Marius, qui n’a que très peu d’appétit et rechigne à manger depuis déjà pas mal de temps, est vite essoufflé et finit le trajet sur le vélo de Josef, trop content d’avoir un jeune manieur de guidon avec lui. Aloïs file malgré les 3600m d’altitude, il est super content de refaire enfin du vélo !

la fine équipe

Marius part avec entrain…

… mais trouve un taxi brésilien pour terminer

on n’arrête plus Aloïs!

Lorsqu’on arrive au point convenu, après 20 minutes, on mange dehors sur des grandes tables disposées relativement à l’abri du vent. Viande de lama, quinoa, crudité, tarte, le repas est étonnamment bon ! (le point noir de beaucoup d’agences, outre les chauffeurs alcolos, c’est la nourriture…). Puis c’est la séance de photos de groupes en perspectives, en contre-champs, etc… On en fait aussi de notre côté, même si avec un téléphone, le focus n’est pas trop au point. Et pas évident de voir quelque chose sur l’écran avec la luminosité extrême, surtout lorsqu’on est allongé sur le sel très dur !

Hervé a encore un petit creux

tandis que Marius est en danger

le dompteur arrive pour le sauver!

Puis on remonte en voiture jusqu’à l’île de Incahuasi, avec un chemin aménagé pour les touristes au milieu des coraux, jusqu’en haut. Elle est payante et moins jolie que nos petites îles sauvages des derniers jours, mais la vue est toujours aussi belle !

Incahuasi

On roule ensuite vers le sud, on s’arrête pour le joli et frisquet coucher du soleil, avant de sortir du salar et de continuer jusqu’à notre hébergement, à Mañica.

Le froid est bien là ! Après le repas (même Marius mange sa soupe sans trop rechigner), on va se coucher dans une immense chambre, on rapproche trois lits, ce qui nous fait un super grand lit de 4m de large ! On se glisse dans nos sacs de couchage, avec trois couvertures par-dessus, brrr…

Dimanche 4 juin. Ce matin, petit-déjeuner à 6h30, alors que les bagages sont déjà pliés, près à être empaquetés sur le toit du 4×4.

Amanecer en Mañica

La route, absolument magnifique, traverse la ligne de chemin de fer Potosi – Antofagasta, va jusqu’à la frontière chilienne de Ollague, à l’ouest, puis bifurque vers le sud et longe les volcans et montagnes qui séparent les deux pays, tout en passant par des très belles lagunes.

les garçons et leur copain brésilien préféré jamais à court d’idée

Volcan Ollagüe et un semblant de panache de fumée

D’abord Cañapa, puis Hedionda et ses flamands roses. Les abords des lacs sont gelés, ce qui intéresse plus les garçons que les lagunes elles-mêmes.

Laguna Cañapa

Laguna Hedionda

c’est beau, hein!

Après le repas au bord d’une lagune, toujours sur les tables pliantes embarquées, on commence à voir des plaques de neige, et les garçons ne tiennent plus en place. On s’arrête pour faire refroidir le moteur de l’autre 4×4 (avec une technique locale), juste à côté d’une pente enneigée : Marius, Aloïs et les Brésiliens se précipitent dans la neige, bientôt rejoints par tous les autres.

double technique: la bouteille pour tenir le capot ouvert, et la neige pour refroidir le moteur

attaque en règle

petit habitant éphémère du Sud Lipez

De retour dans la voiture, je m’aperçois que Marius n’avait pas serré les lacets de ses chaussures, et que ses dernières, tout comme les chaussettes, sont trempées et glacées… la neige est de plus en plus épaisse, la piste est parfois très étroite, c’est notre chauffeur qui ouvre patiemment la voie pour tous les autres 4×4 qui nous ont rejoints. Il doit parfois faire marche arrière pour trouver le bon passage.

en principe, c’est tout droit…

la caravane dans la neige

Après un arrêt à l’arbol de piedra, un rocher en forme d’arbre (les garçons ne daignent même pas de descendre de la voiture), on arrive en fin d’après-midi à l’entrée de la Reserva Nacional Eduardo Avaroa, et sa célèbre Laguna Colorada. C’est un grand (et haut !) lac rouge en raison d’algues microscopiques. Les abords sont blancs de borax. Mais là, le ciel est très couvert, le vent glacial souffle et la laguna n’est pas très colorée. Elle en reste tout de même fascinante. Je ne sais vraiment pas comment les flamands résistent à ce climat à plus de 4300m, tranquillement installés les pieds et le bec dans l’eau. Je les soupçonne de ne pas avoir de capteur thermique fonctionnel, mais le guide nous dit qu’il y a des courants d’eau chaude. Ouais mais bon, dehors c’est la Sibérie !

laguna colorada (pas très colorée mais quand-même très belle!)

On atteint ensuite l’auberge du soir, qui va accueillir 3 groupes, soit une quarantaine de personnes. C’est très sommaire, en terre et en ciment. On partage notre chambre avec Sylvia, mais pas moyen de rapprocher les lits : les « sommiers » sont en béton, cimentés au sol. En attendant, on se retrouve tous dans la petite salle à manger, autour d’un petit poêle alimenté par de la llareta (une mousse qui pousse très haut et qui, en séchant, fait un bon combustible) qui permet aux chaussures de sécher et aux gens de se réchauffer un peu. Le bonnet reste de rigueur. L’autre option, pour se réchauffer, c’est le whisky apporté par Josef, même si ce n’est pas très sage à cette altitude, surtout pour ceux qui ne sont pas très acclimatés. D’ailleurs, Gabriel déclare forfait, il a le mal d’altitude depuis ce matin. Josef et Sylvia lancent un jeu « zumi zumi » qui consiste à taper dans les main en chantant, ça met l’ambiance et c’est aussi efficace pour se réchauffer. Bref, à la fin, tous les gens des autres groupent se mélangent, tandis que je vais coucher nos deux jeunes aventuriers dans la chambre où il fait 2°C. On entend le vent rugir sur le toit en chaume toute la nuit…

Lundi 5 jun. Nuit bien froide, malgré toutes les couches de vêtements accumulées. Mais même à plus de 4300m, cette fois-ci, l’altitude ne nous dérange plus trop. Le petit-déjeuner est à 7h, et c’est assez drôle de voir l’évolution de la tête de nos compagnons depuis le premier jour ! C’est rude !

dernier empaquetage

On repasse par la Laguna Colorada, très rouge ce matin en raison du soleil et du vent, mais il fait vraiment très très froid.

aujourd’hui, elle est bien rouge!

Puis on cherche un passage pour continuer au sud vers les thermes de Polques, mais après un col à 4980m ! (youhou, notre record du voyage !), il y a vraiment trop de neige et on doit faire demi-tour. On sort de la réserve, et après une crevaison, on s’arrête dans un petit village niché contre une falaise, pour déjeuner. Des lamas courent dans les rues venteuses. On remonte jusqu’à el Valle de Rocas, on se gare au pied de grandes formations rocheuses et on part escalader un côté. La descente est beaucoup plus hasardeuse, surtout pour Hervé et Josef qui ont le vertige mais qui ont décidé de faire descendre Marius et Aloïs !

Valle de Rocas

qui est le moins rassuré des trois?

L’arrêt suivant, au bout d’une sorte de canyon très étroit, offre de superbes paysages rocheux de part et d’autre d’une petite plaine d’herbe très rase et d’un ruisseau gelé qui débouche sur un étang. Les garçons sont enthousiastes de marcher sur la couche de glace du ruisseau.

ah, le tour ne serait pas complet sans les lamas!

Puis, c’est le retour vers Uyuni, ponctué d’une halte à San Cristobal, village initialement installé au pied de l’énorme mine d’argent voisine. Mais l’extension de la mine a causé le déplacement du village dans son intégralité, quelques km plus loin. Les chauffeurs, le guide, Hervé et Josef avalent un bol (pour 80 ct d’euro le bol) de lama sauté et de riz, cuisiné dans la rue par une jeune cuisinière ambulante. On arrive à Uyuni à la tombée de la nuit. Tous nos compagnons repartent dès ce soir, et on convie Sylvia, qui a un bus de nuit à 22h, à poser ses affaires au CC. On va ensuite manger ensemble dans un petit resto chauffé. On est content de nous retrouver dans notre CC au calme, car dans le 4×4, la musique a tourné en boucle. C’était une superbe expédition, mais si on n’a pas pu aller au bout des incroyables paysages !

Mardi 6 juin. Ce matin, on se laisse dormir, puis le temps de ranger les bagages et de faire chauffer le moteur, il est déjà tard lorsqu’on va vers la station et service et qu’on tombe sur Youenn, May et Elliott qu’on avait vus à Arica dans leur combi jaune ! On discute un moment avec eux, les garçons emmènent Elliott aux jeux à côté, puis on leur lègue notre tente, notre tapis de sol et les garçons donnent quelques jouets au petit. Et oui, on doit déjà penser au retour et à s’alléger ! On va devoir vendre notre CC et la place sera limitée dans les bagages pour tout notre bazar… On prend la route vers Potosi. C’est bien plus long de repasser par Potosi, mais la route est asphaltée alors que la voie « directe » vers Tupiza est très très chaotique. On roule bien, la route est toujours aussi belle, les peupliers aux feuilles jaunes se découpent sur le sable et la roche rouge des petites vallées. On s’arrête pour un sandwich au thon vite avalé (l’approvisionnement est difficile par ici, et les réserves plutôt vides) et on repart. A un moment, on entend un « pssshhh » et ça sent le liquide de refroidissement : il y a une flaque devant le chauffage route à l’arrière. On s’arrête sur le bord de la route, Hervé sort pour démonter le chauffage par la soute. Evidemment, au même moment, un grain se prépare et bientôt, des grosses bourrasques puis la pluie viennent compléter le tableau ! Une pièce en plastique fuit près des durites. Hervé trouve un système pour raccorder les deux morceaux de tuyaux et éliminer le chauffage, mais on laisse tout ouvert pour vérifier en route que ça ne fuit pas, même quand le moteur monte à plus de 90°C…

réparation ingénieuse (faute de mieux!)

L’objectif suivant est de passer Potosi. On voulait visiter le cœur de la ville et son célèbre musée de la monnaie, mais là on est fatigués et on n’a pas l’énergie de nous engouffrer dans la grosse ville. On la contourne donc au crépuscule en passant au pied de l’énorme Cerro Rico et ses tonnes de rejets, mine d’argent dans la montagne éventrée aux veines de misère grandes ouvertes depuis tant de générations… Des petites cahutes servant de dépôt de dynamite entourent la base de la colline. On continue dans la nuit jusqu’à un point iOverlander. Il n’y a pas grand-chose dans ce coin et il fait nuit, impossible de chercher tous seuls. Il faut bifurquer sur un chemin en terre et pierres dans le noir. Baaam, on touche une pierre ! On se gare, on n’en peut plus de cette journée ! Hervé se glisse sous le CC mais on ne voit rien. Bon, demain est un autre jour…

Mercredi 7 juin. On voit au petit matin qu’on est garés sur une terrasse abandonnée, c’est joli. On repart vers Tupiza pour passer la frontière à Villazón et revenir en Argentine. A l’entrée de Tupiza, une file de camions : il y a un bloqueo ! Rappelez-vous, c’est le sport national ici, c’est un droit constitutionnel : si tu n’es pas content, entasse des trucs sur la route. Dans le cas présent, les habitant réunis en comité civil ont empilé des grosses pierres, des cactus, des buissons épineux et de la terre en deux rangées. On va essayer de parler avec les gens attroupés, ils ont tous le regard fermé, vitreux, les yeux rouges et les dents vertes en raison du jus de la boule de feuilles de coca qu’ils ont tous calés dans la joue. Ils se pressent autour de deux femmes qui notent des choses sur des documents. Le bloqueo est monté juste en face d’un petit poste de militaires avec deux officiers. Je leur dis que notre autorisation et celle du CC sur le territoire va expirer et que demain, nous serons illégaux en Bolivie et le CC confisqué si nous ne passons pas la frontière (bon en vrai, il nous reste trois jours). Les officiers me disent que peut-être que le bloqueo va s’ouvrir temporairement un peu plus tard… En attendant, on prépare le repas et les garçons offrent gentiment leur caisse de légos puis leur caisse à outils à des petits garçons éberlués qui rentrent de l’école à pied, tous seuls. Les abords de la ville et toute la région est visiblement très pauvre. Les militaires passent en voiture à notre hauteur en nous disant de laisser nos coordonnées au poste pour qu’ils appellent la douane afin d’avoir une extension de visa. C’est gentil mais nous, on voudrait surtout avancer ! Un peu plus tard, je retourne au barrage avec les garçons. Il y a beaucoup de monde assis au bord de la route emmitouflés dans des couvertures. C’est calme, venteux, glacial. Je parle au militaire qui est là et qui n’est pas au courant de notre situation. A ce moment, un des responsables du bloqueo vient me voir, il me demande d’attendre là. Puis c’est une jeune femme qui vient, elle dit qu’elle connait ce problème de frontière et elle n’a pas confiance en la douane. Elle dit à ses comparses qu’il faudrait étudier notre cas car ils ne veulent pas nous causer de problèmes. Ils ne veulent pas ouvrir le barrage de peur que les camions s’y engouffrent. Un monsieur, Abraham, dit qu’il y a peut-être un chemin pour contourner la ville, et il est mandaté par ses pairs pour nous accompagner discrètement. Il dit qu’il faut faire vite car les barrages vont être renforcés et risquent de durer « indéfiniment » ! Ce qu’à ce moment qu’on apprend la raison du mouvement, et la réponse nous désole terriblement : ils n’ont pas d’eau ! Les réserves sont à sec, et le gouvernement central de La Paz ne veut pas débloquer la part nécessaire à la construction d’infrastructures pour acheminer l’eau… Bon, le chemin annoncé est impraticable pour nous. Retour au point de départ. La jeune femme en rouge de tout à l’heure insiste pour nous faire passer par la route. Les gens se mettent tous à dégager les deux barrages, juste le temps qu’on se faufile, ils font bloc pour que personne d’autre ne passe, et ils referment derrière nous. C’est assez touchant et impressionnant, cette volonté solide de toute une communauté. On remercie tout le monde au passage et on file vers la frontière, à une heure de là. La Bolivie a été pour nous un ensemble de contrastes, rudes mais aussi riches, avec des gens beaucoup moins fermés que ce qu’on nous avait annoncé. Encore une fois, Marius et Aloïs ont été des vrais sésames dans nos rencontres. On arrive enfin à Villazon, qui se partage la frontière avec sa voisine argentine La Quiaca. Le vent froid soulève la poussière, des femmes et des enfants traversent le pont qui sépare les pays, chargés de matériel divers : les piétons qui traversent avec des marchandises ne sont pas taxés, aux contraire des camions et des véhicules particuliers qui attendent patiemment que ces petites mules leur apporte leur cargaison. Pour nous, ça se passe plutôt vite. Le panneau « Ushuaïa : 5121 km » nous accueille à la sortie du pont ! On va ensuite manger dans un petit local, qu’un chauffage au gaz ne parvient pas à réchauffer, puis on cherche un endroit pour la nuit. La première station YPF, en plus du gasoil hyper cher, nous demande 50 pesos (il serait pas un peu bolivien, le type ???), alors on va à l’autre, plus accueillante et dont le mur à la fresque colorée nous abrite un peu du vent hurlant.

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