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Du 08 au 15 novembre : Península Valdés (377 km – dont 340 de ripio – 7263 km parcourus) – Les virevoltants
Les virevoltants

Du 08 au 15 novembre : Península Valdés (377 km – dont 340 de ripio – 7263 km parcourus)

39 ballets et des baleines !

Mardi 8 novembre. Le ciel est gris, le vent s’est levé, et on est bien pressés de quitter la ville de Puerto Madryn. Mais on doit encore trouver un supermarché avec un parking dans lequel le camping-car rentre, pour faire des grosses courses (merci les prix de la Patagonie qui, à pat du pétrole, ne produit pas grand-chose, en tous cas pas qui se mange !), puis une station-service qui permette de faire le plein de gasoil, d’eau, et de vider la cassette des WC. Ainsi parés, nous prenons la piste de ripio qui longe la côte. Ah, le ripio ! Il faut vraiment l’avoir testé pour l’apprécier : ses vibrations, ses graviers, sa poussière… Heureusement, celui-ci est assez régulier. Au bout de 12 km, on s’arrête à la Playa Canteras pour le pic-nic, même s’il fait bien gris et venteux. 4 silhouettes vaillantes, émergeant d’un autre camping-car, viennent à notre rencontre. Les garçons sont hyper contents d’entendre que Aubin et Blanche parlent français ! Ils se mettent donc tout de suite à jouer avec eux dans les graviers tandis que nous faisons connaissance avec Aurore et Philippe, les parents, qui viennent d’à côté de Béziers et se sont dépêchés de descendre en Patagonie dès qu’ils ont récupéré leur camping car à Montevideo le 1er novembre. Ils guettent les baleines depuis la plage depuis hier, en vain… On se donne rendez-vous sur la péninsule, et après le repas, nous reprenons la route, ou plutôt le ripio. Plus que 80 km, mais à ce rythme-là, on n’est pas rendus : on fait du 20 à 30km/h. On essaie la tactique consistant à trouver la vitesse de vibration du ripio, et donc à accélérer pour ne toucher que le haut des crêtes de la « tôle ondulée » formée. Bon ben ça vibre toujours autant ! Finalement on rejoint une belle route goudronnée (la route principale, pas celle de la côte pourtant très jolie) qui s’élance vers la Péninsule. Après avoir payé l’entrée, et écouté le monsieur nous dire d’aller au camping (réputé sale, sans eau chaude et où les objets s’évanouissent par enchantement), on se dirige vers le Centre des Visiteurs. Il pleut alors je cours toute seule vers le bâtiment où la dame me donne l’horaire des marées, un petit plan de la péninsule, la météo des prochains jours (moche aujourd’hui, mieux demain, vente du sud fort et froid le surlendemain) et me dit qu’il faut prendre un bateau pour voir les baleines (moyennant 225 euros pour la famille pour une heure). On continue la belle route et on la quitte juste avant Puerto Piramides, unique village de la péninsule. On bifurque sur la piste menant à Playa Pardelas, bien connue des voyageurs. Cette plage se trouve dans le Golfo Nuevo, au sud de la péninsule. C’est le sanctuaire de la baleine franche australe (Eubalaena australis) qui vient mettre bas et élever ses petits tous les ans entre septembre et décembre. La piste est bien pénible, mais la vue est grandiose : désertique, quelques buissons ras, moutons, martinetas, puis, au détour de quelques montées et descentes impressionnantes, de grandes dunes et finalement une descente jusqu’à la plateforme rocheuse de Pardelas.

des Martinetas

des Martinetas

ripio de sable

ripio de sable

A droite, abritée derrière l’énorme dune-falaise, il y a le Defender des Itinerantour. Les garçons sont fous de joie ! Il fait vraiment froid, et nous nous garons sur la première ligne des véhicules, à côté d’un petit camion allemand et d’un autre iveco français. Nous voyons bientôt Séverine, toute emmitouflée, qui revient de balade. Ils sont là depuis 3 jours, nous attendaient avec impatience et ont vu plein de baleines ! L’endroit est vraiment particulier : la plateforme formée par du sable et des coquillages solidifiés s’avance sur la mer en formant des petites criques profondes à l’eau translucide, sur notre gauche, tandis qu’une plage de petits graviers s’avance devant et sur notre droite, jusqu’à une autre pointe rocheuse.

un petit arc en ciel de bienvenue

un petit arc en ciel de bienvenue

Il est déjà un peu tard, alors on s’installe, on fait connaissance de Gauthier, Céline et leurs deux garçons Abel et Ulysse dans l’Iveco d’à côté. Puis il fait vraiment froid alors chacun se replie au chaud. Ça souffle !

Mercredi 9 novembre.

Les garçons viennent réveiller leur papa en lui souhaitant un bon anniversaire ! Hervé part donc tôt sous le soleil du côté est de la baie, car c’est là qu’on voit les baleines en premier. Nous le rejoignons dès la fin du petit déjeuner, étonnamment court ce matin…

Hervé a beaucoup d'enfants ce jour-là!

Hervé a beaucoup d’enfants ce jour-là!

L’attente ne tarde pas, et, assis sur la plateforme au bord de l’eau, on voit plusieurs baleines, les gerbes d’eau qu’elles recrachent et le bruit que ça fait ! Elles sont tout près, c’est vraiment impressionnant et émouvant, de voir ces géants, ces symboles, de les sentir si près de nous… On ne prend pas de photo ce matin-là, on a décidé de juste regarder… Mais merci les Itinerantour pour ce bonus video!

Bientôt, les bateaux de touristes, sensés respecter un tas de règles qui font plutôt office de déco pour la plupart (couper le moteur à 100m, ne pas couper la route ni poursuivre de baleine…) arrivent près d’elles. Une mère se met à frapper fortement l’eau de la nageoire, et son petit, qui était un peu plus loin, accourt directement. Je propose tout de suite de consacrer l’expression « obéissant comme un baleineau », tellement c’est saisissant. Bon, j’émets une petite réserve sur « obéissant comme des baleineaux jumeaux », quand-même… Hervé reste un bon moment tout seul (ou presque) à regarder le spectacle, pendant que je rentre préparer un gâteau et que les enfants filent avec leurs amis pêcher des petits crabes pour les mettre dans un bidon découpé avec des algues que les crabes mangent, d’après une petite fille argentine. Heureusement qu’Ulysse est là pour attraper les bestioles, car sinon Aloïs est le seul à s’aventurer à attraper des crevettes de 7 mm de long… Tant qu’à allumer le four, je prépare aussi du pain, c’est ma tournée. L’après-midi, on lézarde, les garçons sont super contents car la famille de Philippe, Aurore, Blanche et Aubin vient de nous rejoindre, ce qui fait une bande de 9 enfants francophones de 3 à 11 ans qui vaque entre les dunes, les rochers et la plage.

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J’ai d’ailleurs bien du mal à faire revenir Marius et Aloïs pour chanter et offrir le maté à Hervé. On l’avait acheté en secret en Uruguay. Secret bien gardé par les enfants, même si Hervé a eu un peu la puce à l’oreille : il a insisté 4 ou 5 fois pour en acheter un, et les garçons lui ont invariablement répondu « c’est pas la peine, papa ! », avec autant de sérieux que d’innocence. Le gâteau au chocolat, quant à lui, a été distribué à la moitié du campement et a fait grande sensation !

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Hervé et moi partons nous promener vers la pointe ouest. On croise un phoque qui semble dormir sur le dos tout près du rivage, et on se fait tenir en respect par un huîtrier-pie (Haematopus), oiseau au bec rouge très pointu (pour ouvrir les huîtres) qui estime qu’on passe trop près de sa dame en train de nicher et vole sur nous pour nous faire faire un détour !

monsieur défend son nid

monsieur défend son nid

Le soir, on est tous bien rouges malgré la crème solaire. Il faut dire que le vent et le soleil ont été traîtres : le soleil était là toute la journée, qui a commencé en polaire et fini en maillot de bain pour les garçons… après les avoir enduit de crème et couchés, il est temps de boire un coup avec les amis pour fêter dignement les 39 ans de Hervé ! Bon, gros bémol : on a quand-même appris par un voyageur qui a pu se connecter à internet au village, que Trump s’était emparé de la Maison Blanche. Tout le monde est abasourdi, ça nous parait complètement irréel…

Jeudi 10 novembre. Nuit calme au départ, puis le vent très violent du sud s’est levé, obligeant Séverine et Nicolas à plier leur ente au lever du jour pour partir vers le nord de la péninsule et trouver un bivouac abrité. Gauthier et Céline les rejoignent dans la journée avant de poursuivre leur voyage. Nous restons là, dans le vent, à regarder la mer déchaînée, et quelques baleines à marée haute. On en profite pour garder un peu les garçons à l’intérieur et faire un peu d’école.

un dos

un dos

vraiment tout près!

vraiment tout près!

pshitt

pshitt

en famille

en famille (et on voit bien les callosités sur la tête, particularité de la baleine franche australe)

il y a toujours une mouette pour venir tâter de la baleine

il y a toujours une mouette pour venir tâter de la baleine

Vendredi 11 novembre.

Le vent est moins fort, il fait toujours aussi beau. On se dit qu’on pourrait aller visiter quelques endroits de la péninsule… On va d’abord au village de Puerto Piramides, qui a une station service, une station d’eau douce (eau de mer dessalée), un petit wifi ouvert pour récupérer les messages d’anniversaire de Hervé, des petites épiceries hors de prix et des tas d’agences pour aller voir les baleines. Bref, on en fait vite le tour, et après avoir regardé les tracteurs rouler vers la mer pour mettre à l’eau les bateaux de touristes, on va à quelques km voir les lions de mer. La route est un peu hasardeuse car c’est une piste qui se termine par une descente bien pentue mais praticable. On voit, du haut de la falaise, deux colonies de lions de mer : 2 gros mâles noirs affalés et leur harem de femelles brunes, plus petites, et quelques bébés.

Monsieur le lion de mer s'isole au calme...

Monsieur le lion de mer s’isole au calme…

... avant de rejoindre le harem!

… avant de rejoindre le harem!

Petite séquence « sciences naturelles » : les lions de mer sont des otaries, contrairement aux éléphants de mer qui sont des phoques. Pour savoir comment les différencier, demandez à Marius et Aloïs qui sont maintenant incollables sur le sujet : « les otaries ont des oreilles, et pas les phoques, et les otaries peuvent un peu se déplacer en s’appuyant sur leurs pattes avant et arrières alors que les phoques se traînent par terre parce que leurs pattes arrière sont trop rapprochées et collées, un peu comme une queue ». Et question taille, les éléphants de mer, dont le mâle a une protubérance au niveau du museau, sont énormes et passent le plus clair de leur temps à dormir affalés sur la plage (sauf en période de rut, qui apparemment, est un peu effrayante), et les lions de mer sont beaucoup plus petits et ont également un goût prononcé pour la sieste, même s’ils aiment aussi batifoler dans l’eau. Après le pic-nic sur la falaise et un deuxième passage à Piramides, on rentre vers notre bivouac en nous arrêtant courir dans les énormes dunes de sable sur le chemin.

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Il ne faut pas oublier de vider ses poubelles à l’embranchement parce que la première poubelle est à 20 min de mauvaise piste de la plage ! Lorsqu’on revient sur « notre » plage, des nouveaux venus sont arrivés et ce sont mis dans le mauvais sens : en gros, par la fenêtre ils voient la fenêtre du voisin…Nous on se recale dans le bon sens, et bientôt on voit revenir la famille des Itinerantour et celle de Aurore et Philippe. Les enfants repartent aussi sec dans la dune à l’arrière, leur repaire avec leur « cabane secrète ». Elle est vraiment secrète vu qu’il n’y a absolument rien pour fabriquer une cabane…

le repaire de la cabane secrète...

le repaire de la cabane secrète…

Samedi 12 et dimanche 13 novembre.

Le vent est tombé, les journées s’annoncent très belles alors on se dit qu’on ira explorer les autres coins de la péninsule plus tard !  On profite donc encore du bel endroit : les plateformes rocheuses qui sont recouvertes d’eau à marée haute (très haute en raison de la pleine et grosse lune), les divers oiseaux qui nichent ou pèchent par ici (pétrels, mouettes, cormorans, huîtriers, etc), la plage et les rochers pour les garçons qui pataugent dans l’eau à marée haute et reviennent plein de sel et de boue, le maté, les discussions avec les amis… Les marées sont de plus en plus grandes et à marée haute, toute une partie de la plate-forme est recouverte d’eau ! Le dimanche soir, le vent commence à forcir et la lune est bien belle et grosse, mais on la voit sortir à l’est derrière la dune et elle est donc déjà moins grosse qu’au lever.

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On offre un cadeau à Nicolas qui fête son anniversaire demain : un grille-pain comme le nôtre, à poser sur le gaz. Ça n’a l’air de rien mais c’est très efficace, comme cadeau ! Puis on rentre pour passer notre dernière nuit ici. Mais qui a posé un lampadaire à côté du lanterneau ? ah non, c’est juste la lune…

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dernier bivouac à Pardelas

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Lundi 14 novembre.

Ce matin, ça souffle ! Un vent étrange, chaud, qui vient du nord-ouest, et donc des terres. On passe à Piramides puis on part en direction de l’est, sur la côte tout au bout. On aimerait beaucoup voir des orques : Séverine et Nicolas ont filmé une attaque d’orques en règle 3 jours avant ; quatre énormes orques sont arrivés vers la plage, deux ont fait diversion et les deux autres se sont jetés sur des jeunes lions de mer. C’est hyper impressionnant, les orques arrivent littéralement sur la plage à marée haute ! On va donc à l’entrée de la Caleta Valdès après un long trajet de piste, sur laquelle on voit des moutons, guanacos, chevaux, lièvres de Patagonie, « martinetas » (Eudromia elegans) et nandus ou choiques (Rhea pennata).

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un nandu, appelé ici "choique"

un nandu, appelé ici « choique »

On parcourt le petit sentier dans le sable en haut de la falaise, on voit quelques éléphants de mer affalés plus bas, et des panneaux expliquant la faune et la flore autochtone. On voit aussi un tas de jolis lézards verts. La baie de la Caleta est très jolie et les couleurs sont très vives en raison du vent, mais ça souffle énormément et on est plein de sable. Le ciel ne tarde d’ailleurs pas à se charger de tant de poussière qu’il en prend la couleur.

Entrée de la Caleta Valdes

Entrée de la Caleta Valdes

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Elephants de mer et reste de l'ancre de l'épave de La Lolita qui a sombré lors d'une tempête en 1905

Elephants de mer et reste de l’ancre de l’épave de La Lolita qui a sombré lors d’une tempête en 1905

On va ensuite au point d’observation des manchots de Magellan (appelés « pingüinos » car l’espagnol a un seul terme pour les manchots et les pingouins). Les nids de ces derniers sont vraiment à nos pieds et les petits manchots sont postés stoïques, sur leur œuf dans leur trou. Mais on a beau scruter, pas l’ombre d’un orque… On est à marée basse et vu le temps, c’est assez compliqué. Tant pis pour les orques !

je couve

je couve

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Pas d'orque en vue...

Pas d’orque en vue…

On repart sur la piste, c’est long, ça secoue, il y a de la poussière partout ! On quitte le parc de la Péninsule et on va jusqu’à Playa Canteras, toujours sur le Golfo Nuevo, mais plus près de Puerto Madryn.

Hervé boit maintenant le maté même au volant, et même sur les pistes!

Hervé boit maintenant le maté même au volant, et même sur les pistes!

Depuis la plage où on est garés, on est bien placés pour voir se lever la plus grosse lune du siècle. Sauf que maintenant, c’est plein de nuages… On rencontre Maeva, FX et leur petit Pio de 2 ans et demi, des alsaciens qui voyagent dans un petit combi VW jaune. Après avoir discuté un moment dans le vent, on va tous prendre l’apéro dans le camping car, et Pio est tout content de découvrir les légos, le marteau et la perceuse des garçons ! Pas mal de voiture arrivent et les gens s’assoient sur la plage avec leur maté, mais une grosse bande nuageuse barre l’horizon à l’est… jusqu’à ce que la lune apparaisse au-dessus, toute orange ! Bon, on n’a pas vu le lever mais elle est quand-même bien belle et bien pleine. On ne tente même pas une photo mais on s’en met plein les yeux !

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